The Pixies

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 04 octobre 2008 12:29

Modifié le samedi 04 octobre 2008 20:00

Nirvana

La légende raconte que Kurt Donald Cobain a voulu devenir une rock-star après avoir vu pour la première fois les Beatles à la télévision, quand il était enfait. Il est né à Aberdeen (Washington) le 20 février 1967 et, comme il s'en souviendra par la suite, il a passé la plus grande partie de son adolescence enfermé dans sa chambre à jouer et à écouter sa musique préférée, haïssant le reste du monde. Son goût pour la peinture et le théâtre, son caractère introverti et taciturne, ainsi qu'une santé délicate, donnaient de lui l'image d'un jeune souffreteur et fragile ; cela ne facilitait pas vraiment son intégration dans une localité rude, spécialisée dans le bois comme Aberdeen, peuplée d'hommes robustes, machistes, violents et enclins à mépriser tout ceux qui, comme Cobain, ne rentraient pas dans leur moule. Particulièrement s'ils dédaignaient les attraits indéniablees d'un bon spectacle de sport, une discussion animée sur leur rude journée de labeur ou le sexe, devant un bock de bière, voire une bonne bagarre devant la porte d'une taverne. Cobain a expliqué que "les gens de cette ville ne sont pas très dynamiques, ils n'ont envie de rien faire. L'ambiance est à la dépression et à l'alcoolisme."

Il n'avait pourtant pas toujours été comme ça. Jusqu'à l'âge de huit ans, son enfance fut heureuse, entourée de famille et d'amis, mais un événement traumatisant vint détruire son univers enfantin idyllique et innocent. Le divorce de ses parents, Donald et Wendy Cobain, allait le marquer pour le restant de ses jours. "J'ai eu honte, honte de mes parents. Je voulais désespérément avoir une famille classique, typiques, avec un père et une mère. J'avais besoin de cette sécurité", se souviendra plus tard le chanteur. Cet événement ouvrit une longue série de déceptions et d'échecs personnels, qui allait accroître avec le temps. Les disputes étaient continuelles avec son père qui, après s'être remarié, suggéra sans succès à son filsde laisser tomber sa guitare et de se présenter à un test pour rejoindre la marine. Il finit par mettre son fils à la porte. "Pour lui, j'étais en train de gâcher ma vue alors que moi, j'avais l'impression de luttre pour la réaliser". C'est ainsi que la maison de sa mère, elle aussi remariée, celle de certains de ses oncles, et même le pont d'Aberdeen Nord, devinrent ses toits provisoires dans les années qui suivirent.

C'est pourtant durant cette période funeste de sa jeunesse que Kurt commença à dessiner sa propre identité musicale, après une étape initiales marquée par les groupes entendus sur les radios commerciales. Il apprécie alors le hard-rock typiques des années 70 (Led Zeppelin, et tout particulièrement Black Sabbath), puis le punk et le hardcore américain, grâce au chateur-guitariste de Melvins, Buzz Osbourne, qui lui fait découvrir des groupes comme Butthole Surfers, les Stooges et Black Flag. C'est justement un concert de ces derniers qui change le cours de son existence et permet d'en arriver à la conclusion qu'il ne pourrait jamais faire "d'autre musique que celle-là."

Osbourne est aussi celui qui attire Chris Anthony Novoselic dans les eaux agitées du punk-rock et qui le présente à son ami Kurt Cobain. Novoselic est né à Compton, en Californie, le 16 mai 1965, au sein d'une famille originaire de Croatie, qui avait émigré en quête de l'incertain rêve américain. Le travail de son père dans l'industrie du bois les mena à Aberdeen, où, entre autres choses, l'enfant dut, lui aussi, assumer le divorce de ses parents.

La musique a été pour lui, comme pour Cobain, la véritable bouée de sauvetage de ses frustrations d'adolescent, et le punk est devenu un modèle de vie, qui apparemment offrait pour lui plus d'attraits et de satisfactions que les salles de classes ou un ballon de football américain. Quand Chris Novoselic (qui prendra en 1993 le nom de Krist) et Kurt Cobain font connaissance, ce dernier a déjà fait partie de groupes comme Brown Towel et, depuis la fin 1985, dirige une nouvelle formation baptisée Fecal Matter, en compagnie du bassiste Dave Crover et du batteur Greg Hokanson. Le trio a même enregistré une maquette et fait, à plusieurs reprises, la première partie de Melvins. Mais la formation d'origine ne dure pas plus de quelques mois. Cobain a déjà décidé d'engager Novoselic et, après lui avoir envoyé plusieurs enregistrements de son groupe, il obtient que le bassiste rejoigne Fecal Matter au mois de novembre. Au cours de l'année suivante, le groupe passe par un certain nombre de hauts et de bas liés principalement à la difficulté de trouver un batteur qui s'adapte au tandem et ne déserte pas au moment le plus inopportun. En avril 87, Chris et Kurt recrutent Aaron Burkhard et, pour prendre leurs distances avec leur groupe précédent, se baptisent Skid Row. C'est d'une certaine manière, le véritable embryon de Nirvana. En effet, des morceaux comme "Floyd The Barber" ou leur relecture de "Love Buzz" de Shocking Blue, qui figurant dans le premier album du groupe, appartenaient déjà au repertoire de Skid Row. Pourtant, leur nom ne tient pas vraiment la route. En quelques mois, "Skid Row" devient "Ted Ed Fred", "Pen Cap Chew" et "Windowpane". Jusqu'aun jour où Kurt a l'idée d'un nom plus accrocheur et facile à prononcer, et c'est que le trio devient "Nirvana". Burkhard les quitte peu de temps après et Dale Crover vient le remplacer à la batterie. Ils donnent quelques concert et, en janvier 1988, enregistrent la première maquette du groupe dans les studios Reciprocal Recording de Jack Endino, le producteur attitré du lable Sub Pop. Crover repart très vite, mais les musiciens commencent à faire circuler leur cassette chez les principaux labels indépendants du pays. Seuls les responsables de Sub Pop, en raison de l'intervention d'Endino, s'intéressent à leurs chansons.

Le label de Seattle, créé en 1986 par Bruce Pavitt et Jonathan Poneman, se charge de faire paraître en octobre 88 le premier single de Nirvana, "Love Buzz", avec un tirage limité à seulement mille exemplaires. Par ailleurs, la maison de disques s'enrichit d'une autre chanson du groupe, "Spank Thru", qui figure dans une compilation sous forme de triple album, Sub Pop 200, dans lequel on retrouve aussi des noms comme Screaming Trees, Green River et Tad. En mai, quelques mois auparavant, Chad Channing, ex-batteur de Fire Ant, était venu rejoindre le groupe. Ils commencent à tourner dans les salles de spectacles de la scène alternative de Seattle, où ils s'acquièrent en peu de temps une excellente réputation.

En toute logique, l'étape suivante consiste à entrer de nouveau en studios pour y enregistrer un premier album. A la fin de l'année, Nirvana commence à travailler les chansons de ce disque et en un temps records, trois jours seulement, ils enregistrent tout le répertoire choisi dans les studios de Jack Endino. Même si les crédits figurant sur le disque permettant de supposer que Kurt, Chris et Chad ont été accompagnés durant les sessions d'enregistrement par Jason Everman, on n'entend sa guitare dans aucun morceau du disque, car son entrée dans le groupe ne sera effective qu'une fois le travail achevé. Pourtant sa mention, à titre honorifique, est tout à fait justifiée, car c'est Everman qui a apporté au groupe les 606 dollars nécessaires aux frais d'enregistrement. Tout est donc prêt pour que Sub Pop accomplisse la seconde phase du contrat et que Nirvana puisse réaliser son rêve, la sortir d'un album. En juin 89, Bleach commence à être distribué chez les disquaires et, à la fin du même mois, le groupe entreprend une tournée aux Etats-Unis qui démarre à San Francisco. En dépit de l'optimisme initial, la tournée s'achève plus que prévu car, après un concert catastrophique au New Music Seminar de New York, Jason Everman décide de quitter le groupe pour rejoindre Soundgarden, en tant que bassiste cette fois. Les musiciens sont donc obligés d'annuler les autres concerts prévus.

Heureusement, il n'y a pas que des mauvaises nouvelles. "Bleach" sort en Grande-Bretagne au mois d'août et la presse spécialisée l'accueille avec intérêt. "Comme beaucoup de groupes issus de l'épicentre de Sub Pop, on peut difficilement les trouver innovateurs. Pourtant, alors que la plus grande partie des Seattlelites de Sub Pop s'est contentée de faire une exhumation tortueuse du rock antérieur, Nirvana saccage le passé, en quête de sa propre personnalité", remarque la revue Sounds. Peu après, le magazine "Rock de Lux" parle de disque affirmant que Mudhoney et Nirvana sont déjà "les plus grands représentants du son rude qui caractérise Seattle aujourd'hui". La critique se termine par une description très juste de la musique du groupe : "Un rock en béton armé soutenu par des guitares monolithiques et une basse hallucinantes, sans les fausses prises de position intellectuelles d'autres mouvements hardcore, le tout enveloppant des textes qui traitent du thème éternel des frustrations adolescentes."

A l'époque, les médias spécialisés du monde entier tournent leurs regards vers Seattle, et on parle même des sonorités spécifiques de Sub Pop, caractérisées par des formations de styles aussi différents que Mudhoney, Tad, Beat Happening, The Walkabouts, Soundgarden, et bien spur Nirvana. "Essentiellement, ils sont "the real thing". Sans idéologie de rock-stars, sans prétentions intellectuelles, sans un grand projet pour dominer le monde (...) Si Nirvana ne faisait pas ça, ses musiciens seraient en train de travailler dans une grande surface, dans l'industrie du bois ou dans un garage", écrit Everett True dans le Melody Majer. Il n'est pas si loin de la vérité, même si Kurt Cobain et Chris Novoselic ont depuis longtemps rejeté l'idée de passer le restant de leurs jours selon le modèle typique offert à la population mâle d'Aberdeen, c'est-à-dire "couper des arbres, baiser et boire, parler de baise et boire encore..." Ils veulent seulement enregistrer des disques, et avec une peu de chance, parcourir le monde pour interpréter en concert leurs propres chansons.

La chance de jouer hors de leur frontières se présente deux mois après la sortie de Bleach en Grande-Bretagne. Le 20 novembre, ils entament à Newcastle leur première tournée européenne, qui se termine le 3 décembre à l'Astoria Theatre de Londres, dans un petit festival baptisé Lame Festival. Sont là aussi Mudhoney et Tad, avec lequel ils ont déjà partagé la scène pour quelques concerts durant leur tour. La grande nuit de la "Rock city mania" comme l'appelle Sounds, remporte un grand succès et, à en juger par les critiques de la revue, c'est Nirvana qui a eu le plus grand impact sur le public : "Mudhoney peut bien avoir des pédales superfuzz et bigmuff, mais Nirvana possède en revanche un effet complètement personnel, le son flegmatique du megagrogement. Ils interprètent une chanson et déjà la première ambulance pour guitares se met en route..." Avant la fin de l'année, Nirvana sort Blew sur le marché européen et, de retour aux Etas-Unis, le 30 décembre, Chris Novoselic se marie avec sa fiancée, Shelli. Quatre mois plus tard, ils font une nouvelle tournée dans leur pays qui s'achève de façon désastreuse : le batteur sera expulsé du groupe pour "différences religieuses", selon les termes employés par Kurt Cobain. Mais surtout, les musiciens sont physiquement à bout de forces et commencent à le payer. Une cure de détente et de repos devient indispensable, mais Cobain s'y refuse. Le chanteur-guitariste continue à composer et en juillet, avec la collaboration de Dan Peter (batteur de Mudhoney), Nirvana enregistre le single Sliver. Accompagnés cette fois de Dave Crover, ils partent pour une tournée d'été, au cours de laquelle ils font la première partie de certains de Sonic Youth. Sliver sort en septembre aux Etats-Unis et le groupe, accompagné de Peters, prend part au festival de Seattle, qui a pour têtes d'affiche Sonic Youth et Melvins.

En même temps, Kurt et Chris commencent déjà à réflechir à leur prochain album. Mais, avant de s'investir complètement dans la gestation du disque, ils doivent impérativement résoudre quelques problèmes cruciaux et s'interroger sur l'avenir du groupe. "On était toujours à la croisée des chemins, prêts à décoller, mais sans jamais le faire. On était le grand espoir", expliquera par la suite Novoselic. Deux ans déjà se sont écoulés depuis la sortie de leur premier single, et ils sont fatigués de n'être qu'une éternelle promesse qui, malgré une brillante réputation, ne parvient pas à voir le bout du tunner de la scène alternative. Pavitt et Poneman ont réussi à ce que le "son Sub Pop" dépasse ses frontières naturelles, c'est indéniable. Et ce mélange de guitares abrasives avec une attitude authentiquement punk (ou, selon les mot de Kurt Cobain ce "son originaire de Seattle, un mélange fou des Stooges et de Black Flag") qui sera bientôt connu sous le nom de "grunge", est sur le point d'exploser pour conquérir un public moins marginal. Mais le prestige de leur label ne se reflète pas en termes de ventes et l'assainissement indispensable de leur finances tarde un peu trop.

Dans ces conditions, Cobain et Novoselic sont conscients que les infrastructures limitées de Sub Pop sont insuffisantes pour que leurs disques atteignent sans obstacles les marchés américains et européens. Une promotion plus appropriée leur permettrait de gagner une audience plus grande. En même temps, ils ne veulent pas renoncer à leur démarche, ce qui leur pose de terribles problèmes de conscience. Pourtant, ils pensent de plus en plus qu'il serait possible de ne pas renier leurs convictions (ce que Cobain définit comme leur "ethique punk"), même au sein d'une maison de disques multinationale. D'autre part, ils se sentent à l'étroit dans les schémas stricts du punk et du hardcore le plus immobiliste.Comme Sliver permettait de s'en douter, Nirvana a envi d'enrichir sa musique avec quelques pincées de pop. Depuis quelques temps, ils apprécient et assimilent avec beaucoup d'intérêts les travaux de groupes comme Young Marble Giants, The Pastels et même Abba. K Records (Shonen Knife et Beat Happening) est devenu le label préféré de Cobain, à tel point qu'en 1991 il se fera tatoué leur logo sur un bras. La possibilité que leurs chansons, sans avoir besoin de tomber dans les pièges du marketing le plus insipide, puissent au moins les aider à sortir de la galère économique, est trop attirante pour la délaisser.

Un autre problème, toujours non résolu, est la stabilité et l'homogénéité de leur formation, car ils subissent constamment la désertion mal venue de leurs batteurs. Après avoir envisagé plusieurs noms (la rumeur fait état de celui de J. Mascis, le leader de Dinosaur Jr.) Buzz Osbourne leur suggère de faire un essai avec Dave Eric Grohl, un garçon de Warren (Ohio), né le 14 janvier 1969, qui a fait partie de Scream, groupe réputé du circuit hardcore de Washington. Kurt et Chris connaissent déjà ses grandes qualités de musicien, car ils ont eu l'occasion d'assister à un concert de Scream à San Francisco. Ils ne se posent donc pas plus de questions et lui proposent la place.

En octobre, Dave Grohl fait ses débuts en tant que batteur de Nirvana au North Shore Surf Club de Seattle et, le même mois, il s'envole avec ses nouveaux partenaires pour une tournée en Grande-Bretagne avec le quator féminin L7. Le dernier concert de ce tour a lieu à l'Astoria de Londres en compagnie de Goldflesh. Susan Corrigan publie une chronique enthousiaste du spectacle dans le New Musical Express. "Nirvana sait comment contrôler son énergie, pour provoquer un bruit ou un grand fracas juste au bon moment. Leurs disques ne montrent pas à quel point il sont bons. Kurt Cobain a la voix d'un jeune Paul Westerberg (The Replacements) au meilleur de sa forme."

Quand le trio retourne à Seattle, après avoir conquis la presse anglaise, sa décision de donner un brusque tournant à sa carrière est bien mûrie. Le groupe se tourne alors vers la grande industrie discographique. Pour les conseiller, ils engagent l'entreprise de management Gold Mountain Entertainment, dirigée par John Silva et Barry Goldberg qui, curieusement, est celle ayant introduit Sonic Youth dans le catalogue de DGC (label indépendant appartenant à la multinationales Geffen). "Les compagnies indépendantes peuvent t'étouffer avec leur petite infrastructure. Il n'y avait pas d'avenir, c'est pour ça qu'on a cherché un major, on avait notre claque de la mauvaise distribution de nos disques, on avait besoin de stabilité", se justifiera Chris Novoselic. Ce moment est venu et Nirvana, assisté de ses représentants, pénètre dans les bureaux de DGC où, le 4 janvier 1991, les musiciens signent un contrat pour deux albums, et reçoivent sur le champs une avance, non négligeable, de 287 000 dollars. Les responsables de Sub Pop, qui ne digèrent pas très bien la nouvelle, vont eux aussi tirer un extraordinaire profit de la situation : DGC les dédommagera de 75 000 dollars pour la perte du groupe, et leur accordera un pourcentage sur les bénéfices du second disque de Nirvana, dans le cas où ses ventes dépasseraient les 200 000 exemplaires. Evidemment, tout le monde est loin de se douter du succès colossal qu'obtiendra le trio, ni que Bleach va devenir l'album le plus rentable de la petite compagnie, puisqu'il se vendra à plus d'un million d'exemplaires dans le monde entier.

Dès que le contrat est signé, Nirvana s'enferme dans les studio Sound City de Los Angeles pour y enregistrer ses nouvelles chansons, avec un buget de 135 000 dollars. C'est Butch Vig, dont le travail réalisé avec Killdozer avait séduit Cobain et Novoselic, qui est choisi comme responsable de production, au détriment de Don Dixon et de David Briggs, recommandés par la maison de disques. Le groupe ne perds pas de temps : l'enregistrement à peine terminé, il reprend la route pour faire la première partie des concerts des Dinosaur Jr. sur la Côte Ouest, puis retourne en Europe. Le principal rendez-vous a lieu le 23 août, à l'ouverture du festival de Reading. L'affiche regroupe Sonic Youth, Dinosaur Jr., Iggy Pop, Blur et Teenage Fanclub. Nirvana donne un concert qui, au dire du magazine Ruta 66, est sans doute le plus marquant du festival. "C'est l'un des groupes qui a le plus de fans, ce que l'on peut constater en voyant la quantité de tee-shirts à son nom dans le public. Ils se donnent à fond. Kurt Cobain se jette carrément dans la foule du haut de la scène et continue à marteler sa guitare, soutenu en l'air par les fans."

Le groupe profite de ces concerts pour présenter certains de ses nouveaux morceaux, comme "Smells Like Teen Spirit" qui sort en octobre, en avant-première de leur second album. Deux ans se sont écoulés depuis la sortie de Bleach et les fans attendent avec impatience leur nouveau disque. Enfin, le 23 septembre, DGC lance Nevermind, avec un tirage initial de 40 000 exemplaires aux Etats-Unis et un peu moins de 10 000 en Grande-Bretagne. Ces chiffres font plutôt rire aujourd'hui, mais à ce moment-là, ni le groupe, ni la maison de disques, ne pouvaient imaginer que l'album allait en moins de 4 mois détrôner dans les charts le "Dangerous" de Michael Jackson aux recettes spectaculaires. Ils ne se doutaient pas non plus qu'en 5 ans le disque se vendrait à plus de 10 millions d'exemplaires. En effet, Nevermind est encensé par la presse spécialisée, presque unanime dans le monde entier. Il a, bien sûr, quelques détracteurs, qui au-delà de la musique, critiquent le groupe pour s'être fait récupérer par une multinationale ou qui considèrent le disque comme un mélange insipide de hard-rock et de punk truffé de clins d'oeils à la musique alternative la plus banale. C'est le cas par exemple, du journaliste Juan Cervera, lorsqu'il écrit, six mois après la sortie du disque, dans "Rock de Lux" : "Un début lumineux... et le reste décevant. Les aspérités de Bleach ont été bien convenablement limées et le regard se tourne désormais vers les années 60, aec la mélodie pour premier objectif. Mais les chansons ne prennent pas, et Nevermind s'enfonce irrésistiblement dans l'ennui. Trop de clichés - un succédané fonctionnel du meilleur rock alternatif de la décennie passée - peu de risque, aucune transgression, à l'exception (bonne) de Lithium et de Territorial Pissings, morceaux dans lesquels l'angst de Cobain apparaît avec conviction et sans lourdeur. Le succès populaire est compréhensible : les ballades (Polly, Somthing In The Way) auraient très bien pu figurer dans "Use Your Illusion" de Guns N'Roses..."

Par contre, dans la même revue, Marc Mateu tient des propos diamétralement opposés : "Nirvaan, ce sont toujours trois types dégingandés qui font une musique puissante, davantage orientée maintenant vers les mélodies, mais sans pour cela être moins percutantes. Des coups fumants comme "Smells Like Teen Spirit" n'ont rien à voir avec la bouillie décaféinée qu'on vous sert sur les radios AOR américaines (...) Nirvana aime les Beatles, REM, et aussi le mordant du hard-rock des années 70. Cela donne un cocktail à la fois puissant et réussi."

Plus concrétement encore, Lauren Spencer, dans la revue Spin définit Nirvana comme "un mariage entre REM et Sonic Youth, avec The Germs comme maîtresse."

Comme on peut le constater, il y en a pour tous les goûts, mais personne ne peut contester que Nevermind a causé non seulement une agréable surprise, mais aussi un petit (voire énorme) tremblement, ébranlant les bases de l'industrie musicale et favorisant la rencontre du rock alternatif avec le grand public, qui n'avait aucune idée de ce qui se passait en dehors des programmes radio conventionnels. De plus, Nevermind est devenu le credo pseudo-existentialiste de toute une généraltion, à laquelle Kurt se rattache, et qu'il définit comme "apathique". C'est aussi le manifeste rageur et dramatique d'un genre, le grunge, qui va franchir les frontières social, une attitude, une mode et presque une façon de vivre. Le titre de l'album, bien entendu, en donnait déjà un début d'explication : "le disque s'appelle Nevermind (c'est-à-dire "Peu importe") car la plupart des gens préfère s'en foutre, ou simplement dire "peu importe", plutôt que de prendre une bombe et taguer ou de monter un groupe. Les gens ont perdu l'habitude de faire ce genre de trucs et ça me préoccupe. Ce serait si simple de taguer une bonne fois pour toutes "Foutez Georges Bush en l'air". Peu importe que ça n'ait aucun impact, mais au moins c'est une façon de décompresser et en plus c'est marrant", disait Cobain.

La tournée de promotion de l'album débute aux Etats-Unis, continue en Europe, passe même par le Japon et l'Australie, début 92. L'ascension du groupe est irrésistible : sa présence dans les principales émissions radio et télé est devenue incontournable, le clip "Smells Like Teen Spirit" est diffusé tout le temps sur MTV, et même les revues pour adolescents se font l'echo de toutes les nouvelles relatives au groupe. Et, sans conteste, l'évènement le plus marquant est le mariage de Kurt Cobain avec Courtney Love à Waikiki (Hawai), le 24 février 92. Ils se sont connus huit mois auparavant à Los Angeles et ont ensuite l'occasion de se rencontrer à plusieurs reprises. Le divorce des parents de Love n'avait pas été qu'une simple anecdocte dans sa biographie plutôt touffue. Toute enfant, elle a été mise dans des maison de redressement pour avoir volé des tee-shirts de Kiss dans un grand magasin. Plus tard, elle a travaillé comme stripteaseuse et, parmi sa collection d'aventures amoureuses, on trouve la perte de sa virginité avec Michael Mooney (Psychedelic Furs), un mariage éphémère avec James Moreland (Leaving Trains) et une brève liaison avec Billy Corgan (Smashing Pumpkins). Sa carrière artistique n'a pas été moins agitée : après avoir fait partie quelques temps de Faith No More, elle a ensuite créé Sugar Baby Doll avec Kat Bjelland (Babes In Toyland) et Jennifer Finch (L7). Elle a même flirté avec le cinéma (bien avant "Larry Flint", elle a fait une apparition dans "Sid And Nancy" - sans toutefois obtenir le rôle de Nancy Spungen, qu'elle convoitait - et a joué dans "Straight To Hell") avec l'excellent album "Pretty On The Inside". Pas besoin de dire que la carrière de Hole commence à décoller après le mariage de Courtney avec Kurt. Logique.

A partir de ce moment, le célèbre couple se voit soumis à une persécution constante de la part des médias, qui attendra les sommets d'une veulerie inconcevable dès l'annonce de la grossesse de Love au mois d'avril. Les rumeurs faisant état de l'addiction des deux musiciens à l'héroïne sont de plus en plus insistantes, et le couple, surtout Kurt, décide de se replier dans sa propre intimité, pour se protéger, tant que se peut, de l'attention permanente et du harcèlement du public. Au moins d'août pourtant, le malaise et la pression atteigne l'insoutenable. Le 8, à l'hôpital Cedars Sinai de Los Angeles, Courtney Love accouche d'une petite fille qui reçoit le nom de Frances Bean, en hommage à l'actrice Frances Farmer. Le journal britannique à sensation "The Sun" affirme que l'enfant est née avec un syndrome de manque et, le même mois, "Vanity Fair" publie un long reportage dans lequel, selon la journaliste Lynn Hirschberg, Love avoue avoir consommé des drogues avec son amri pendant la grossesse. De plus, elle est photographiée, peu avant l'accouchement, avec une cigarette à la main. Le même article affirme aussi que Nirvana a été à deux doigts de la rupture en raison d'un succès mal digéré et surtout, par des relations houleuses de Courtney Love avec Dave Grohl et Chris Novoselic. Compte-tenu des déclarations de Love, les services de la Protection de l'Enfance de Los Angeles entament une recherche pour savoir si le couple est capable d'élever sa fille dans de bonnes conditions. Finalement, Kurt Cobain craque, physiquement et mentalement. La leader de Hole accuse Madonna d'avoir orchestré cette campagne de presse en représailles pour avoir refusé de signer avec son label Maverick. "L'article de Vanity Fair n'aurait pas existé si je ne l'avais pas envoyée chier", accuse Courtney.. Un mois après ce lamentable évènement, Kurt accorde une interview à La Time dans lequel, entre autes, il reconnaît avoir abusé d'héroïne. "J'ai pris différentes drogues, mais je n'ai rien à en dire de bien. C'est une perte de temps totale. On a des tas de jeunes fans et je ne veux surtout pas être accusé d'inciter à la consommation de drogue (...) Tu ne peux pas savoir à quel point mon attitude à changé depuis la naissance de Frances. Tenir un bébé dans ses bras est la meilleure drogue du monde. Je ne veux pas que ma fille grandisse entourée de gens qui lui disent que ses parents étaient des junkies."

Pendant ce temps, la nirvanamania va crescendo et génère des bénéfices considérables. Tout le monde veut sa part du gâteau, même sans y avoir droit. C'est ainsi, par exemple, que les anglais Patrick Campbell-Lyons et Alex Spyropoulos intentent un procès au groupe, alléguant une appropriation frauduleuse du nom artistique Nirvana qu'ils utilisent depuis 1968. Le juge chargé de l'affaire admet ce fait, mais n'oblige pas pour autant les Américains à changer de nom ni, encore moins, à payer des dommages et intérêts à ces plaideurs opportunistes et intéressés.

Malgré l'ambiance étouffante dans laquelle vit le groupe, les concerts se succèdent durant tout l'été. Des rumeurs courent sur éventuel forfait de Nirvana pour le Festival de Reading, dont ils sont tête d'affiche de la journée de clôture, le 30 août, achevant l'exténuante tournée de Nevermind. Pourtant, à l'heure dite, Kurt, Dave et Chris dont irruption sur la scène, à la suite de groupes comme Nick Cave and the Bad Seeds, Melvins, Teenage Fanclub et Smashing Pumpkins, et donnent un spectacle plutôt irrégulier pour clore cette manifestation ayant réuni plus de 50 000 spectateurs. "Kurt Cobain est arrivé syr scène dans une chaise roulante poussée par Chris Novoselic. Il portait une gbardine et une perruque blonde. Il a fixé le micro et s'est mis à ironiser sur tous les racontars dans le groupe fait l'objet. Si on se souvient que dans le passé ils vaient été colossaux à Reading, ils étaient plus qu'attendus. Mais ils ont déçu. Ils ont été froids, sans la spontanéité d'autrefois. Tout paraissait prévu et répété jusqu'à satiété, même la destruction de leurs instruments à la fin", relate Antoni Badia dans Ruta 66. Il est évident qu'après quelques mois si agités, les musiciens sont à bout de souffle et ont besoin de mettre leur carrière entre parenthèses pendant quelques temps pour reprendre des forces et de l'enthousiasme. Ainsi, après avoir participé, le 9 novembre, à la cérémonie des MTV Awards, où ils reçoivent les prix du Meilleur clip alternatif et du Meilleur clip dans la catégorie espoirs pour "Smells Like Teen Spirit", ils décident de remettre à plus tard l'enregistrement de leur nouvel album.

Pour éviter que l'intérêt des fans pour le groupe ne s'amenuise (et en même temps continuer à exploiter cette poule aux oeufs d'or de la basse-cour alternative), DGC fait paraître, fin 92, un disque de raretés, Incesticide, que la presse interprète comme une déplorable concession aux intérêts de la multinationale. Heureusement, la groupe ne tarde pas à retourner en studios. Ils annoncent que le disque aura des sonorités plus crues, plus sauvages et moins peaufinées que Nevermind et, pour ce faire, engagen Steve Albini, séduits par le travail que ce musicien et producteur a accompli avec Pixies et The Breeders. Les sessions se passent assez rapidement et sans problèmes. En effet, durant la fin des enregistrements, il reste assez de temps à Kurt pour produire le nouvel album de Melvins, Houdini, et collaborer avec le mythique écrivain William S. Burroughs à la conception du single "The Priest They Called Him". Par ailleurs, Nirvana participe à un festival donné au Cow Palace de San Francisco destiné à collecter des fonds pour les vicitmes de la guerre en Bosnie.

Le concert suivant a lieu fin juillet, dans le cadre du New Music Seminar de New York. Avec le concours d'un guitariste d'accompagnement, Big John Duncan, ex-Exploited, Nirvana interprète quelques chansons de son nouvel album, qui après avoir écarté des titres comme "I Hate Myself And Want To Die" ou "Versus Chorus Versus", s'appellera finalement "In Utero". Au mois d'août, le groupe entreprend une vaste tournée aux Etats-Unis avec Pat Smear, qui avait déjà fait du l'influent groupe hardcore The Germs, en tant que secondes guitare, et la violoncelliste Lori Goldston. Après une longue attente, le 13 septembre paraît "In Utero".

Comme le groupe l'avait laissé entendre, il s'agit d'un album rageur, âpre et difficile à assimiler pour ceux qui attendaient une suite de Nevermind. "C'est ce qu'on pourrait appeler un authentique disque de grunge. Il est sale. Mais, pour lui rendre justice, il fait dore que chaque chanson a sa propre personnalité, chaque morceau est traité comme une entité isolée. J'insiste, je crois que le mot que le définit le mieux est "grunge"... Quand on a fait Bleach, personne n'employait ce nom, ça signifie quelque chose comme de la crasse accumulée sur un rideau de douche. Maintenant, ce mot fait partie de notre vocabulaire, il faut vivre avec", déclare Novoselic. La polémique qui accompagne la sortie d'In Utero - Albini déclare que le disque est une "suicide commercial" et que son style ne plaît pas du tout aux responsables de DGC et de Gold Entertainment - joue pourtant en faveur du groupe. Pas sur le plan commercial (les ventes sont considérablement inférieures à celles de Nevermind), mais cela contribue à renouveler le prestige du groupe dans les cercles spécialisés. In Utero n'est pas, en effet, un album complaisant ni même aimable, et sans doute pour ces raisons, la presse le traite avec une certaine bienveillance, ce qu'a priori on n'attendait pas. "Ceux qui ont dansé sur Nevermind devront aller voir ailleurs. Ceux qui connaissaient Nirvana se rendront compte que le groupe peux encore fabriquer des pillules difficiles à avaler. In Utero est un très bon disque, sincère et brutal, mais condamné aux ténèbres" écrit Rafa Cervera dans Ruta 66.

Alors que tout paraissait indiquer que le groupe avait pratiquement solutionné les différents qui le séparaient des détracteurs (qui, injustement, ne lui pardonnaient toujours pas sa désertion de la scène indépendante), Nirvana accepte de réaliser une session acoustique pour MTV, dans les studios Sony de New York. Cette décision irrite les détracteurs et beaucoups de fans méfiants, persuadés que le groupe a de nouveau cédé aux intérêts de l'industrie du spectacle et aux pressions d'une maison de disque qui, par cette manoeuvre, entend bien se dédommager des ventes "modestes" d'In Utero. Pourtant, comme le prouve l'album "MTV Unplugged In New York" reprenant le concert du 18 novembre, le format unplugged (acoustique) permet de découvrir une facette de Nirvana tout à fait excitante, et en aucun cas insignifiante ou méprisable. Le groupe profite aussi de l'occasion pour faire une relecture émouvante de certains de ses propres chansons, avec la collaboration de Smear et de Goldston, et aussi pour rendre hommage à Meat Puppets (dont deux membres, les frères Curt et Cris Krikwood, sont présents), à The Vaselines, à Leadbelly et à David Bowie.

Début janvier, Nirvana achève à Seattle ce qui sera sa dernière tournée américaine et, un mois plus tard, part pour Lisbonne pour y donner le premier des concerts européens de la tournée promotionnelle d'In Utero. Le tour devra pourtant être interrompu le 1er mars 1994, après un spectacle au Terminal Einz de Munich, au cours duquel Kurt Cobain perd sa voix. Le médecin lui recommande du repos et le groupe décide de reporter les concerts en avril. Ce qu'on ne sait pas, c'est que le public munichois sera le dernier à voir Cobain, Novoselic et Grohl ensemble sur scène. A partir de cette date, les événements dramatiques se succèdent à une allure vertigineuse. Ils aboutiront au suicide tragique du chanteur de Nirvana : le 4 mars, Courtney Love retrouve son mari inconscient dans une chambre de l'hôtel Excelsior à Rome, où le couple s'était donné rendez-vous. Bien que les médias qualifient l'événement "d'accident" ("la dernière image que j'ai de lui est celle d'un père qui jouait avec sa fille, pas celle d'un jeune qui voulait en finir avec la vie", déclare l'un des médecins qui l'ont accueilli à l'Hôpital Américain), la réalité est bien différente. Kurt a essayé de mettre fin à ses jours en ingérant une cinquantaine de somnifères mélangés avec de l'alcool. Une fois sorti du coma et après trois jours d'hôpital, il rentre à Seattle. Le 18, le couple a une violente dispute et Love est obligée d'appeler la police car Cobain, retranché dans une pièce avec un pistolet, menace de se suicider.

Kurt est dans un état physique et mental déplorable en raison de sa dépression et de sa toxicomanie, et sa relation avec Courtney est désormais insoutenable. Le musicien, contrairement à sa femme, refuse de se soumettre à une cure de désintoxication, malgré l'ultimatum de Novoselic et de Smear menaçant de dissoudre Nirvana. Peu après, Cobain entre à l'Exodus Recovery Center de Marina del Rey, en Californie, pour y être soigné. Mais, au bout de deux jours, le 1ier avril, il s'en échappe et retourne à Seattle. Sa mère prévient la police de sa fugue, et Courtney engage un détective privé pour le retrouver, mais il est déjà trop tard : le8 avril, Gary Smtih, un électricien venu installer un système de sécurité dans la maison que le musicien possède à Mardona (Seattle), découvre sur le sol le corps sans vie de Kurt Cobain. "J'ai d'abord cru que c'était un mannequin mais je me suis aperçu qu'il avait du sang à l'oreille droite. J'ai vu une fusil sur sa poitrine, braqué vers son menton", raconte Smith à la presse. Selon le rapprt d'autopsie, Kurt a pris du Valium et de l'héroïne avant d'appuyer sur la gâchette de l'arme avec laquelle il a décidé de mettre un triste point final à ses jours. "Maintenant il est parti et a rejoint ce stupide club. Je lui avais dit de ne pas chercher à en faire partie", déclare sa mère, Wendy O'Connor, à l'agence de presse Associated Press, faisant référence à ce club supposé de jeunes stars du rock qui, comme Janis Joplin, Jimi Hendrix et Jim Morisson, sont morts à l'âge de 27 ans. Le cadavre de Kurt Cobain est incinéré le 10 avril. La suite, Foo Fighters ou Sweet 75, est une autre histoire.

Discographie :

(1989) Bleach
(1991) Nevermind
(1992) Incesticide
(1993) In Utero
(1994) MTV Unplugged In New York (Live)
(1996) From The Muddy Banks Of The Wishkah (Live)
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 04 octobre 2008 12:30

Modifié le samedi 04 octobre 2008 20:00

Pearl Jam

Pearl Jam est l'un des groupes de musique grunge, qui fut parmi les plus populaires au début des années 1990. Il est originaire de Seattle (États-Unis), berceau de ce style musical. Pearl Jam se fait aussi remarquer par son engagement politique anti-Bush et humanitaire.

Membres actuels du groupe :
Chanteur : Pretty Sara
Chanteur et Guitariste : Eddie Vedder
Guitariste : Mike McCready
Guitariste : Stone Gossard
Bassiste : Jeff Ament
Batteur : Matt Cameron il est aussi l'ancien batteur de Soundgarden (autre groupe de grunge originaire de Seattle) a rejoint Pearl Jam depuis la tournée Yield (1998).
Il est aussi chanteur et batteur au sein d'un groupe parallèle :
Wellwater Conspiracy. Matt Cameron joue aussi de la guitare et de la basse.

Depuis l'album Riot Act et la tournée 2003, Kenneth "Boom" Gaspard, sans être membre officiel, joue du clavier sur certains morceaux et participe ainsi à l'évolution musicale du groupe.
Chacun des membres du groupe écrit des paroles et des lignes mélodiques.

Le groupe a changé plusieurs fois de batteur. Les batteurs qui se sont succédé dans l'ordre chronologique sont :

Dave Krusen
Matt Chamberlain
Dave Abbruzzese
Jack Irons

Les débuts
Nous sommes en 1990. Le guitariste Stone Gossard et le bassiste Jeff Ament ont été pour la première fois réunis au sein du groupe Green River, avec Mark Arm et Steve Turner. Après la séparation du groupe, les deux derniers formèrent le groupe Mudhoney, tandis que Gossard et Ament rejoignirent Andrew Wood pour former le groupe Mother Love Bone avec Greg Gilmore et Bruce Fairwaither.

Le groupe se sépare avec la mort de son chanteur, Andrew Wood, qui succombe à une overdose la veille de la sortie de leur premier album, "Apple". Son ami Chris Cornell, chanteur du groupe Soundgarden enregistra un album à sa mémoire. Sur cet album, qui prit le nom de Temple of the Dog (d'après les paroles d'une chanson d'Andrew Wood), étaient réunis Gossard, Ament, McCready et Cameron, à l'époque, batteur du groupe Soundgarden. Sur le titre Hunger Strike, Eddie Vedder accompagne Chris Cornell au chant.

Par ailleurs, Gossard commence à travailler seul et à emmagasiner quelques compos dans une cassette intitulée Stone Gossard demos 1991, incluant trois instrumentaux. Gossard rencontre vite Mike McCready, un guitariste soliste depuis peu sans groupe. Ament les rejoint peu de temps après. Les trois musiciens réalisent très vite qu'ils tiennent quelque chose de valable.

Le groupe n'ayant toujours pas trouvé de nom ni de chanteur, Gossard commence à distribuer ses démos à ses amis en espérant qu'elles finiront entre de bonnes mains. L'un de ces amis, l'ex-Red Hot Chili Peppers Jack Irons, confie la cassette à l'une de ses connaissances, Eddie Vedder. Ce dernier habite San Diego, travaille la nuit dans une station service et passe son temps à écrire et interpréter des chansons avec un groupe nommé Bad Radio. C'est un chanteur timide, apparaissant quelque fois avec un masque pour ne pas avoir à regarder la foule. Vedder écoute les cassettes de Gossard et apprécie tout de suite. Il écrit alors les paroles des trois instrumentaux, dont « Dollar short », rebaptisée « Alive » sur Ten, le premier album, et les chante sur cassette (les deux autres sont "Once" et "Footsteps") . Ament et Gossard sont tout de suite emballés. Ils organisent une session sur Seattle et deux semaines après, Vedder arrive sur place. Le groupe écrit et s'enregistre pendant cinq jours, et se produit en concert le sixième. Vedder est ensuite invité à participer au projet nommé Temple of the Dog mis en place par Chris Cornell, le chanteur de Soundgarden (on retrouve Temple of the Dog sur la BO du premier Wayne's World). Cornell a écrit quelques chansons inspirées par Andrew Wood, qui était son ami et colocataire, et a décidé de les enregistrer sous forme de Tribute.

Une fois le projet "Temple of the Dog" terminé, Vedder, McCready, Gossard et Ament, accompagnés du nouveau batteur Dave Krusen, décident de se nommer Mookie Blaylock, du nom de leur basketteur favori. Peu après, le groupe signe chez Epic et commence à travailler sur le premier album. Pour des raisons de copyright, le groupe se rebaptise Pearl Jam. Pourquoi Pearl Jam ? Cette idée vient de Vedder, qui l'a longtemps expliqué ainsi : Pearl, sa grand-mère, était mariée avec un amérindien grand amateur de plantes hallucinogènes en tous genres. Avec ces plantes, Pearl faisait des confitures appréciées de tous et en particulier des membres du groupe : Pearl Jam, La confiote de Pearl. On sait maintenant, et Vedder ne le nie pas, que toute cette histoire a été inventée pour se moquer des journalistes crédules qui croyaient avoir trouver une bonne accroche pour leur reportage. Depuis Ament et McCready ont raconté dans Rolling Stone que Pearl était le nom de l'arrière grand-mère de Vedder et qu'il a été proposé lors d'un brainstorming dans un restaurant lorsque le groupe voulait changer de nom. Le "Jam" serait venu plus tard après avoir assisté à un concert de Neil Young. Ament dit: "Neil Young joua quelque neuf chansons en trois heures. Chacunes étaient des "jams" de quinze ou vingt minutes... C'est comme ça que 'Jam' a été ajouté au nom. Du moins c'est comme ça que je m'en souviens."


Ten
Ten, intitulé ainsi à cause du numéro du maillot de Blaylock, sort en 1991 et commence une lente montée dans les charts. Une fois le top 10 atteint, l'album va y rester quelques mois. Les paroles de Vedder sont appréciées par beaucoup grâce à la façon dont il dépeint la solitude et la confusion de l'enfance, spécialement dans « Jeremy », où il parle de l'abus émotionnel et physique. Le clip de la chanson remporte un MTV Music Award. Vedder refuse de son côté d'avouer que ses paroles ne parlent de personne d'autre que lui. « Je ne suis pas assez bon parolier pour venir avec un message et tenter de le glisser dans une chanson ». Mais tout le monde n'apprécie pas Ten. Avec les énormes ventes de l'album (9 millions aux USA) apparaissent des rumeurs que Pearl Jam surfe simplement sur la vague grunge provoquée par Nirvana. Kurt Cobain, traite Pearl Jam de « bande de carriéristes » et explique qu'ils ne sont qu'un groupe de rock conventionnel habillé en grunge. Malgré cela, personne ne peut douter du fait que Pearl Jam est un groupe dégageant une puissance scénique remarquable. Spin décrit une de leur performance par « une expérience tellement intense que même les sceptiques ressortent de là avec une nouvelle énergie émotionnelle que le groupe leur communique ».

Pearl Jam débute ensuite une tournée de 18 mois pour promouvoir l'album, et vers la fin 1992, semble être partout. En particulier, le film "Singles" de Cameron Crowe, tourné avant que l'attention du monde entier ne se tourne vers Seattle, et où les membres de Pearl Jam apparaissent rapidement, contribue encore à rendre leur image omniprésente. Ils enregistrent de plus un MTV Unplugged. C'est à ce moment que Kurt Cobain propose une trêve entre lui et Vedder en expliquant simplement : «je ne le referais plus. Cela fait du mal à Eddie et c'est quelqu'un de bien.»


Vs.
Vs. sort en tête des ventes en octobre 1993 et se vend à 350 000 exemplaires le jour de sa sortie. Cette fois, les critiques sont unanimes. L'album, sur lequel figure le nouveau batteur Dave Abbruzzese (Krusen est parti peu après la sortie de Ten) est marqué par des influences larges allant de Police et REM aux Rolling Stones et aux Beatles. Des chansons telles que « Daughter » et « Elderly woman behind the counter in a small town » prouvent que le groupe gagne en maturité.

En 1994, deux évènements vont changer dramatiquement l'orientation du groupe. Le premier est le suicide de Kurt Cobain. Dans sa lettre d'adieu, il écrit une phrase tirée d'une chanson de Neil Young, « My, my, hey hey (out of the blue) » : « It's better to burn out than fade away ». Vedder détruit sa chambre d'hôtel en apprenant la mort de Cobain. Une semaine plus tard, lors d'une apparition de Pearl Jam à « Saturday night live », le chanteur reprend la chanson de Neil Young, mais seulement le refrain suivant : « Hey hey, my my / Rock n'roll can never die / there's more to the picture than meets the eye ». La tournée devant avoir lieu l'été suivant est annulée en partie à cause de ce suicide. L'autre raison est la bataille menée contre Ticketmaster, la plus grosse société américaine de vente de billet, qui vend les places de concert à des prix trop élevés aux yeux du groupe.


Vitalogy
Vitalogy sort en novembre 1994 et voit le remplacement d'Abbruzzese par Jack Irons, un vieil ami du groupe. Vitalogy était un livre publié au 19ème siècle et donnant des leçons sur tout et n'importe quoi (avec qui se marier, pourquoi la masturbation est condamnable, etc.). l'album reprend le concept du bouquin et en présente quelques extraits dans sa pochette. D'un point de vue musical, Vitalogy a plusieurs facettes : de « Last exit » largement inspirée du suicide de Cobain et « Better man » qui parle d'une femme résignée à gâcher sa vie auprès d'un mari indifférent, à « Bugs », qui ne veut rien dire (!) et « Spin the black circle » qui raconte une histoire d'amour avec le disque vinyle, l'album est bâti sur le modèle du livre, une espèce de fourre-tout sans thème global mais consultable suivant son état d'esprit. La tournée est en partie annulée à cause d'un sandwich au thon avarié ingurgité par Vedder, puis reprend quelque temps après. Lors des quatre dernières dates de la tournée, les concerts sont diffusés par la radio pirate de Pearl Jam, « Monkeywrench radio », qui émet à quelques kilomètres seulement des lieux de concert.


Mirror Ball et Merkin Ball
Mirror Ball sort en 1995, c'est un album de Neil Young sur lequel jouent Pearl Jam, sans être cité pour des raisons juridiques (leur maison d'édition refusant cette collaboration). Sont crédités, Neil Young (chant, guitare, harmonium), Jeff Ament (basse), Stone Gossard (guitare), Mike McCready (guitare), Jack Irons (batterie), Brendan O'Brien (choeurs, guitare, piano), Eddie Vedder (choeurs). Eddie Vedder est crédité de paroles supplémentaires sur la chanson "Peace and Love".

Ce disque est le résultat de deux sessions d'enregistrement (26 et 27 janvier, 7 et 10 février 1995). La courte durée d'enregistrement se ressent sur ce disque brut au mélodies simples, très rock avec beaucoup de distortion et de guitares.

Merkin Ball sort peu après en tant que mini-album de Pearl Jam, il consiste en deux chansons enregistrées lors des sessions de Mirror Ball. Contrairement à Mirror Ball, on y entend Eddie Vedder chanter deux titres (Long Road et I Got ID) qu'il a composé et Neil Young jouer de la guitare solo.


No Code
No Code sort en septembre 1996. la pochette est originale (en carton, comportant 150 polaroïds pris par les membres du groupe, plus 6 grands formats existant en 9 jeux différents). Du point de vue musical, la diversité est toujours présente : des chansons plus fidèles au passé du groupe, comme « Hail, hail », « Habit », « Lukin », cohabitent avec quelques expériences plus originales : « Who you are », « In my tree », « Off he goes », « Red mosquito ». A la sortie de No code, le groupe est confronté à un problème commercial : Pearl Jam a toujours été considéré comme un groupe de rock marginal, mais avec No code, leurs tendances anti-commerciales les rattrapent : les fans se plaignent du manque de concert, dû à la bataille menée contre Ticketmaster, et le groupe refuse de promouvoir l'album à la télé (clip, interviews). No code se vend à 367 000 exemplaires en une semaine, ce qui est faible par rapport au million de Vs. en 1994. malgré cela, No code est un des albums les plus vendus en 1996 et le groupe entreprend une tournée à travers l'Europe puis les USA, les billets étant vendus par un numéro vert.


Yield
Yield sort en 1998 et marque une nouvelle étape dans l'évolution du groupe : entièrement enregistré à Prague, l'album est imprégné de l'atmosphère qui règne dans la ville. La pochette comporte des photos du cimetière juif et des divers quartiers de Prague. Musicalement, on trouve quelques morceaux incontournables, comme « Given to fly » , « Do the evolution », « MFC » ou « Brain of J. ». Les fans sont gâtés fin 1998 avec la sortie presque simultanée d'une video, "Single Video Theory", qui montre les sessions d'enregistrement de Yield, ainsi que du premier live officiel du groupe, "Live on two legs", au design très sobre, qui reproduit fidèlement l'ambiance des concerts. Jack Irons quitte le groupe à ce moment, suite à des problèmes de santé. Courant 1999, le groupe participa à un tribute pour le Kosovo, "No Boundaries", et figure sur deux titres « Last kiss » et « Soldier of love », deux reprises enregistrées à l'origine pour leur fan club en 1998.


Binaural
Cela jusqu'à l'année 2000, avec la sortie en mai du 6ème album studio du groupe, Binaural, un savant mélange de No Code et Yield. « Nothing as it seems », le premier single, dégage une puissance terrible ainsi qu'une mélancolie déjà rencontrée auparavant, tandis que l'on trouve également d'autres morceaux plus énervés, comme « Gods' dice ». D'un point de vue global, l'album semble être brut de fonderie. En août 2000, l'histoire du groupe est encore marquée par un drame, avec les 9 morts et les 37 blessés du festival de Roskilde au Danemark. Le groupe, terriblement marqué par la tragédie, annule la fin de sa tournée européenne. Mais au lieu de se décourager, le groupe se remet au travail, entame sa tournée américaine le 3 août à Virginia Beach pour terminer le 6 novembre à Seattle !

De plus, pour faire plaisir à ses fans et pour combattre les bootleggers, le groupe décide de sortir en CD l'intégralité des concerts de la tournée (sauf celui de Roskilde bien évidemment)... soit au total 72 CD ! Certains croyaient que ce serait une perte commerciale importante, mais ce ne fut pas le cas, bien au contraire puisque 5 CD finirent dans le top 200 des ventes mondiales ! (dont les concerts de Katowice et Londres). C'est la premières fois qu'un groupe réussit à placer plusieurs lives dans ce top 200 !

Enfin, comme si cela ne suffisait pas, le groupe décide aussi de sortir au printemps 2001 un DVD "Touring Band 2000" présentant des extraits de concerts de la tournée US, et comprenant des bonus de grande qualité concernant la tournée européenne!


Riot Act
Après deux années de repos bien mérité (ce qui n'a pas empêché les membres de participer à des projets parallèles), Pearl Jam reviendra sur le devant de la scène fin 2002. Le groupe est entré en studio en février 2002 pour préparer la sortie du septième album, le dernier le liant au label Epic (Sony Music). Celui-ci est sorti le 12 novembre 2002 et s'appelle Riot Act. Les singles tirés de cet album sont "I Am Mine", "Save You" et "Love Boat Captain".

Après avoir sorti en édition limitée un DVD du concert donné au Showbox de Seattle le 6 décembre 2002, la tournée Riot Act a réellement commencé au printemps 2003, Pearl Jam passant cette fois en Australie et Asie, puis aux États-Unis. Les bootlegs officiels de chaque concert étaient disponibles sur le site du Tenclub, mais un seul concert représentatif de chaque continent est vendu en magasin (Perth pour l'Australie, Tōkyō pour le Japon, State College pour la tournée US 1, New York #1 et #2 ainsi que Boston #3 pour la tournée US II)

Un double album de raretés dénommé Lost Dogs est sorti le 10 novembre 2003, reprenant 30 titres rares et inédits depuis la création du groupe en 1991 (+1 en ghost song en hommage à Layne Staley d'Alice In Chains), mort d'une overdose en 2002, en même temps que le DVD Live at the Garden, concert donné au Madison Square Garden de New York le 8 juillet 2003, avec quelques bonus...

À savoir enfin que Pearl Jam a composé un morceau dénommé "Man Of The Hour" pour la BO du nouveau film de Tim Burton "Big Fish" qui est sorti début 2004.

Dernier trimestre 2005, ils partent en tournée en Amérique du Nord et en Amérique Latine, avec des concerts mémorables tels que The Gorge, Montreal, Atlantic City, Philly, Sao Paulo #2 et Mexico #2. Le groupe semble renaître, les concerts étant bien plus pêchus qu'en 2003.


Pearl Jam
Sortie du 8e album éponyme le 2 mai 2006, avec deux singles World Wide Suicide et Life Wasted. Début d'une nouvelle tournée nord-américaine (du 9 mai au 23 juillet 2006), puis européenne et australe du 23 août au 21 novembre 2006.

Discographie :

(Août 1991) Ten
(Octobre 1993) Vs.
(Décembre 1994) Vitalogy
(Février 1995) Mirror Ball
(Février 1995) Merkin Ball
(22 août 1996) No code
(Février 1998) Yield
(Novembre 1998) Live on two legs
(Mai 2000) Binaural
(2000) Publification de l'intégralité de sa tournée mondiale Binaural (2000), publiant un double CD pour chaque concert.
(Novembre 2002) Riot Act
(2003) Publification de l'intégralité de sa tournée mondiale Riot Act (2003), publiant un double CD pour chaque concert.
(Novembre 2003) Lost Dogs
(Octobre 2003) Benaroya Hall (Live)

Site Internet : http://www.pearljam.com/
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 04 octobre 2008 12:31

Modifié le samedi 04 octobre 2008 20:00

Foo Fighters

En 1994, Nirvana se dissout, suite à la mort de son leader Kurt Cobain. Dave Grohl, le batteur du groupe grunge, se lance alors dans son projet de groupe, Foo Fighters.
Anecdote
Le nom du groupe désignait pendant la Seconde Guerre mondiale des sphères lumineuses ayant été observées dans le ciel en Alsace par les avions alliés. Ces objets volants (appelés aussi Kraut balls) dont la nature reste inconnue à ce jour, furent pendant un certain temps soupçonnés d'être une arme allemande complètement révolutionnaire.


Formation :

Chanteur, Guitariste : Dave Grohl
Batteur : Taylor Hawkins
Bassiste : Nate Mendel - bassiste
Guitariste : Chris Shiflett (Il est également guitariste des Me First and the Gimme Gimmes, de Jackson United et ex-guitariste de No Use For A Name)


Discographie :

(1995) Foo Fighters
(1997) The Colour and the Shape
(1999) There Is Nothing Left to Lose
(2002) One by One
(2005) In Your Honor

Site Internet : http://www.foofighters.com/
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 04 octobre 2008 12:32

Modifié le samedi 04 octobre 2008 20:00

Alice in Chain

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 04 octobre 2008 12:35

Modifié le samedi 04 octobre 2008 20:01